Jean-François Breyne
Le seul que Jésus ait déjà donné à cet instant décisif, chez Jean, c’est celui de l’amour fraternel (Jean 13.34).
« Ce que je vous commande, c’est de vous aimer les uns les autres, comme je vous ai aimé » ; pour le dire avec un autre mot : ce que je vous commande, c’est de vous accueillir les uns les autres, comme je vous ai accueilli. Voilà son commandement, qui fait écho à la volonté de Dieu, lorsque nous disons, dans la prière, que ta volonté soit faire.
Quelle est la volonté de Dieu, sinon son amour pour le monde, pour toi, pour moi, pour nous ? Et voilà à quoi nous sommes appelés, de quoi nous sommes investis : être des gardiens.
Pas des gardiens de prisons, pas des gardiens de musées, pas des gardiens de nuits, ni même des gardiens de la morale ou de la bonne doctrine. Pas davantage des gardiens du temple, surtout pas.
Non. Mais des gardiens de l’accueil possible, des gardiens du Souffle, c’est-à-dire être des celles et ceux qui veillent à garder en nous cet espace, cette fracture, cette béance, fut-ce celle de l’absence et du chagrin ; mais garder cette ouverture, afin de laisser le Souffle de vie nous traverser et venir redonner souffle à nos vies à bout de souffle.
Afin de pouvoir à nouveau nous émerveiller de la vie qui nous est donnée.
Afin d’accueillir chaque jour comme un don pour renaître.
Voilà ce qu’il nous est donné de garder, comme un cadeau précieux, chaque jour renouvelé.