Billet régional : « Attends-toi à l’Éternel, dès maintenant et à toujours » (Psaume 131.3)

L’été est là, celui que parfois nous attendons avec impatience. Temps de repos, de retrouvailles familiales, saison de travail aussi pour certaines et certains. Temps de solitude redoublée pour d’autres : l’attente devient alors redoutée. Mais, en fait, qu’attendons-nous de cette période estivale ? Un temps un peu à part, davantage propice à la paix, à la joie, au bonheur, enfin ? Qu’attendons-nous le reste du temps ? Le psalmiste, lui, attend l’Éternel en toutes saisons.

Jean-François Breyne

Et Dieu, Lui, qu’attend-il ? Dieu, Lui, nous attend !

Il nous attend sur le quotidien de nos chemins humains, marchant à ras de terre, les pieds à même le sol, en pleine réalité, nous confrontant souvent au manque, au froid, au bruit, à la violence, à la maladie, visible ou invisible. Mais là, sur ce chemin-là, le pèlerin découvre qu’il n’est pas seul, parce que son Dieu marche avec lui ; qu’il se glisse au plus profond de nos souffrances et de nos peurs, afin de retisser, fil à fil, la trame de nos jours si fragiles.

« Attends le Seigneur, Israël », donne la traduction liturgique du psautier œcuménique. Mais nous pourrions aussi bien traduire : « Espère le Seigneur, Israël ! » Le verbe yachal, en hébreu, signifie tout à la fois attendre, mais aussi espérer et compter sur.

 

Dans le livre des Psaumes, Dieu est toujours l’objet de yachal : on ne compte que sur l’Éternel ! Une seule fois, il en va autrement : il devient le sujet du verbe. C’est alors Dieu lui-même qui donne l’espérance, au psaume 119, verset 49. « Souviens-toi, Seigneur, de ta promesse, dit le psalmiste, parce que tu m’as donné l’espérance ! »

« Parce que tu m’as donné l’espérance. » Yachal, verbe issu d’une vieille racine sémitique signifiant littéralement « tirer de la boue ».

Alors, oui, viens, Seigneur, me tirer de la boue de la souffrance, du désespoir ou de l’indifférence dans laquelle je m’enfonce trop souvent.

Viens m’apprendre la poussière du chemin, et non pas l’abîme de la solitude et du désespoir.

Voilà la bonne nouvelle : mon espérance n’est pas en moi ; elle ne dépend pas de moi. Elle est le fruit d’un cadeau, le don de la Grâce.

C’est elle, la force cachée du pèlerin ; c’est elle qui nous donne et nous donnera de traverser le tissu de nos jours, l’opacité de nos nuits. Bienheureux le pèlerin à qui Dieu donne l’espérance

 

 

Billet publié dans le CEP

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