Jean-François Breyne
Dans l’assemblée ce jour-là, je me disais : mais de qui parle-t-il vraiment ? Du défunt ou de lui-même ? Car comme ces mots lui conviennent : « Heureux l’homme qui vit d’une parole ». « Heureux celui qui a pu appuyer sa vie sur une parole. Une parole vive, une parole vivante et vivifiante ».
Daniel était de ceux-là. Et non seulement il était de ces hommes-là, mais il nous a appris, à beaucoup d’entre nous, à être de ces hommes, de ces femmes, qui, humblement mais sûrement, vivent, comme ils le peuvent, d’une Parole.
Parole qu’il lisait encore juste avant son grand départ, puisque sa Bible fut trouvée ouverte à côté de lui, au livre des Psaumes : « Je suis dans la joie
quand on me dit : allons à la maison de l’Éternel » (Psaume 122.1).
Comment alors, sœurs et frères, ne pas être, nous aussi, dans la joie de la reconnaissance pour tout ce qu’il nous a donné, offert, appris ?
Daniel n’a eu de cesse de vouloir nous montrer et partager avec nous l’émerveillement de la grâce, accueillant le silence, comme il le disait : « ce silence émerveillé qui adore et s’ouvre à Dieu, qui s’approche en secret ».
Et je me souviens de son intervention au synode régional à Montpellier, où nous parlions de la croissance de l’Église. Intervention qui nous avait pris à rebrousse-poil : « ce qui importe, avait-il dit, ce n’est pas la croissance de l’Église, mais que l’Évangile croisse en chacune et chacun d’entre nous » !
Que la force de son témoignage, son écoute, ce à quoi il a contribué pour et avec nous, reste pour chacun·e·vivifiant et signe de cet appel qui nous précède et nous appelle, nous aussi, à découvrir et redécouvrir chaque jour le chemin de la prière.